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samedi 21 août 2010

Lawrence W. Levine : Culture d'en haut, culture d'en bas. L'émergence des hiérarchies culturelles aux États-Unis

Comment la culture aux États-Unis est-elle passée d'une réalité partagée par des publics socialement diversifiés à un univers clairement séparé des pratiques de divertissement et réservé à une élite ? Pour répondre à cette question, l'historien américain Lawrence W. Levine retrace la trajectoire, au tournant des 19e et 20e siècles, des formes d'expression qui constituent aujourd'hui la culture "savante" : théâtre - en particulier shakespearien, sur lequel il s'attarde pour montrer à quel point le spectateur ordinaire s'était approprié le répertoire et se manifestait durant les spectacles -, opéra, musique symphonique, musées.

Levine enquête à la fois sur le langage employé pour évoquer et classer les biens culturels, sur les institutions mises en place par les élites urbaines pour imposer leurs normes et sur les pratiques des spectateurs et leurs résistances. Par un processus de "sacralisation" et de "bifurcation", la riche "culture publique partagée" qui caractérisait les États-Unis jusqu'au milieu du 19e siècle se serait fracturée en cultures séparées et hiérarchisées. L'auteur analyse ainsi les rapports de pouvoir à l'œuvre dans la définition, l'organisation et la réception de la culture. Il montre comment la notion même de culture s'est trouvée étroitement associée aux notions d'ordre et de hiérarchie, et comment les publics ont été "disciplinés".

 Devenu une référence outre-Atlantique, Culture d'en haut, culture d'en bas a renouvelé la compréhension de la réception des œuvres, de la légitimité culturelle, des politiques culturelles et de la place des publics dans les institutions.

jeudi 22 avril 2010

Philippe Jacquin : Le cow-boy. Un Américain entre le mythe et l'histoire

Héros favori de la littérature de l'Ouest américain dès le 19e siècle, le cow-boy s'est définitivement imposé au 20e siècle grâce au western. Le sourire de Gary Cooper, le profil de Clint Eastwood et la carrure de John Wayne ont fait le tour du monde. La réalité historique du personnage s'est brouillée derrière l'artifice de cette image, son passé s'est effacé devant le mythe.

A l'époque des expériences coloniales hispanique et anglo-saxonne qui ont marqué la conquête des Amériques, rien ne distingue ce simple vacher du chopo mexicain ou du gaucho argentin. Et aux belles heures de l'élevage texan, après une journée de piste sur un cheval dont le prix sera déduit de son maigre salaire, ce "travailleur ordinaire du bétail" n'a pas toujours l'allure ni l'âme d'un héros.

Le cow-boy s'affirme dans l'Amérique anglo-saxonne prospère du 20e siècle. Il est utilisé dans la lutte contre le métissage et imposé dans un processus de quête d'identité nationale. Homme de la terre, aventurier, individualiste, il fait le lien entre l'Amérique pastorale et l'Amérique industrielle.

Incarnation du rêve américain, le cow-boy est un parfait exemple de la réussite des inventions culturelles de l'Amérique, Philippe Jacquin, spécialiste de l'Ouest américain, le démontre avec brio dans ce livre.

lundi 5 avril 2010

J.E. Seaver : Récit de la vie de Mrs Jemison enlevée par les Indiens en 1755 à l'âge de douze ans

Le récit de Mary Jemison, publié pour la première fois en 1824, a été réédité plus de trente fois en anglais avant sa première édition en français aujourd'hui. On y lira le témoignage tranquille et fascinant d'une femme qui, chez les Senecas, a vécu cette période troublée de l'Amérique du Nord où le déclin de la puissante Ligue des Iroquois s'achève et où la vie misérable des réserves s'installe.
Commenter savamment ce récit n'ajouterait rien à sa valeur pour qui sait la justesse des propos de Mary Jemison : elle fut la première femme iroquoise que les Blancs écoutèrent.

lundi 22 mars 2010

Laurent Chollet : Les situationnistes. L'utopie incarnée

Les situationnistes sont un groupe d'insurgés utopistes, de théoriciens radicaux, d'artistes novateurs, d'activistes déterminés qui, dès les années 1950, ont dénoncé les mécanismes d'aliénation de la société de consommation. A l'heure où la notion de "société des loisirs" émerge, Guy Debord, figure de proue des situationnistes, oppose celle de "société du spectacle", le spectacle étant défini comme "le règne autocratique de l'économie marchande ayant accédé à un statut de souveraineté irresponsable". Être situationniste consiste à lutter sans trêve contre l'aliénation sous toutes ses formes - une lutte révolutionnaire qui a connu son heure de gloire en mai 68. Il semblait alors possible que l'utopie se réalise. Laurent Chollet raconte ici l'histoire de cette poignée d'hommes et de femmes à l'ambition et à la détermination illimitées, à l'origine d'une pensée dissidente implacable, dont le mouvement a influencé nombre d'événements collectifs et de parcours individuels. Aujourd'hui encore, les théories situationnistes révèlent leur pertinence. En ce début du 21e siècle, l'utopie serait-elle de retour ?

lundi 8 mars 2010

Léon Pressouyre : Le rêve cistercien

Les Cisterciens voulaient mener une vie monastique parfaite, sans compromission avec le siècle. Leur aventure spirituelle, commencée en 1098, est toujours actuelle, et concerne aujourd'hui quelque sept mille moines et moniales. Mais le rêve cistercien va bien au-delà d'une quête confinée aux monastères où vivent des chrétiens épris d'absolu. Il a profondément modifié les relations de l'homme à la nature, à la société, à l'art. Dès le 12e siècle, la volonté de réforme et les aspirations mystiques de solitaires volontairement coupés du monde ont déterminé des métamorphoses qui nous concernent tous. Historien et archéologue, Léon Pressouyre nous convie à ce retour aux sources.

mardi 19 janvier 2010

Kate Summerscale : L'affaire de Road Hill House

Au cours de l'été 1860, un fait divers atroce bouleverse l'Angleterre, déclenchant à travers tout le pays une hystérie médiatique sans précédent. Qui a tué le jeune Saville Kent, trois ans, dernier-né d'une famille de respectables bourgeois de la campagne anglaise ? Parmi les membres de la famille, chacun semble coupable car chacun a quelque chose à cacher. Immédiatement, les journaux s'emparent de l'affaire, et l'enquête, menée par Jack Whicher, célèbre détective de Scotland Yard, dévoile à tout le pays l'intimité d'une famille au-dessus de tout soupçon. Récit d'un scandale, acte de naissance du roman policier anglais, L'affaire de Road Hill House est avant tout une histoire aussi vraie que captivante...

mercredi 23 décembre 2009

Monica Charlot, Roland Marx: Londres, 1851-1901. L'ère victorienne ou le triomphe des inégalités

Une impression d'immensité et d'écrasement. Le bruit, les odeurs, la foule, la violence des contrastes. L'argent et la misère, Belgravia et Whitechapel.

1851. Plus grand port du monde, Londres est la métropole impériale d'une Angleterre orgueilleuse et la Babylone enfouie d'une société insultante, inégalitaire. Les grandioses fêtes impériales et les "saisons" des gens biens nés apportent à la cité des brumes un éclat de rêve pendant que Sherlock Holmes traque dans les bas-fonds crimes et perversions, révélant ainsi aux nantis la profondeur de leurs peurs.

Ville de tous les luxes, de toutes les déchirures, Londres est, entre 1851 et 1901, le révélateur de la supériorité écrasante du Royaume-Uni, première nation industrielle, et le creuset d'une société conformiste, aux pulsions inavouées. Elle préfigure d'autres ruptures, d'autres inégalités plus proches de nous.

samedi 21 novembre 2009

Jean-Baptiste Colbert: Ordonnance de la Marine du mois d'aoust 1681

L'ordonnance de la Marine, inspirée des Statuts des Provinces Unies (Amsterdam et Anvers), codifie de façon complète les usages de la marine marchande:
1. Des officiers de l'Amirauté
2. Des gens et des bâtiments de mer
3. Des contrats maritimes, chartes-parties, engagements et loyers des matelots; prêts à la grosse, assurances, prises
4. De la police des ports, côtes, rades et rivages
5. De la pêche en mer

jeudi 10 septembre 2009

Howard Zinn: Une histoire populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours

Cette histoire des Etats-Unis présente le point de vue de ceux dont les manuels d'histoire parlent habituellement peu. L'auteur confronte avec minutie la version officielle et héroïque (de Christophe Colomb à George Walker Bush) aux témoignages des acteurs les plus modestes. Les Indiens, les esclaves en fuite, les soldats déserteurs, les jeunes ouvrières du textile, les syndicalistes, les GI du Vietnam, les activistes des années 1980-1990, tous, jusqu'aux victimes contemporaines de la politique intérieure et étrangère américaine, viennent ainsi battre en brèche la conception unanimiste de l'histoire officielle.

mercredi 19 août 2009

Henri Favre: Les Incas

Lorsque les Espagnols arrivèrent au Pérou en 1532, l'Empire des Incas s'étendait depuis le Cuzco jusqu'à la Colombie au nord, jusqu'au Chili et l'Argentine au sud. Ce livre retrace l'histoire de l'expansion de cette tribu qui parvient à dominer l'ensemble des Andes en moins d'un siècle. À la lumière des fouilles archéologiques les plus récentes et des sources documentaires nouvelles, il décrit la civilisation inca si éloignée de la civilisation européenne et révèle ainsi sa puissante originalité.

samedi 11 juillet 2009

Nancy Green: Et ils peuplèrent l'Amérique. L'odyssée des émigrants

Au commencement étaient les Indiens. Puis vinrent les colons, les esclaves et les émigrants. Au long du 19e siècle, fuyant misère ou oppression, des millions d'hommes et de femmes quittent la vieille Europe pour le Nouveau Monde, symbole de réussite et de liberté. Britanniques, Irlandais, Scandinaves, Allemands, Italiens, Juifs, Slaves, Asiatiques débarquent à Ellis ou Angel Island. Sur la Frontière ou dans les villes, à l'Est ou à l'Ouest, ils vont construire l'Amérique. Aujourd'hui, tandis que les émigrants continuent d'affluer de tous les continents, le débat sur l'identité américaine et le rêve du melting-pot est toujours aussi brûlant. Nancy Green, historienne et américaine, raconte l'odyssée de ses ancêtres.

dimanche 28 juin 2009

Christian Faure: Le projet culturel de Vichy. Folklore et révolution nationale 1940-1944

Folklore et Révolution nationale entretiennent un rapport étroit pendant le gouvernement de Vichy. Le folklore touche l’instruction, la jeunesse, l’agriculture, l’équipement, la propagande… légitimé en cela par la science ethnologique. Son concept, étroitement imbriqué à celui du régionalisme, en appelle au système de représentation de tout un peuple et incite la société à rechercher son identité culturelle dans un espace clos où langues, savoir-faire, habitats, fêtes, arts populaires… en deviennent les signes majeurs.

La communauté ethnique reconnue ici est le paysan et son corollaire l’artisan. L’affirmation d’une appartenance s’accompagne d’un programme de retour aux traditions, aux ancêtres, à la communauté, à travers la pureté de la race, et fait du folklore, par glissements successifs du jeu à la science, de la science à la reconstruction du visage de la France, un modèle normatif, partie intégrante de l’idéologie vichyssoise. Le folklore comme forme et sens de la Révolution nationale livre, à travers ses apologies renouvelées du terroir, le racisme de l’ordre nouveau et la paix sociale, fondements de sa durée.

vendredi 19 juin 2009

Pascale Goetschel, Emmanuelle Loyer: Histoire culturelle de la France de la Belle Epoque à nos jours

Le lecteur d'une Histoire culturelle de la France de la Belle Epoque à nos jours s'attend sans doute à y découvrir les grands traits de l'évolution des idées, de la littérature et des arts. Il les trouvera. Les jeux d'influence entre les artistes, les ruptures dans la création et les grandes réflexions du siècle y sont largement analysés.

Mais par-delà les formes d'une culture que l'on pourrait qualifier de noble, d'autres pratiques s'imposent. Les chansons du music-hall, les manifestations sportives, le cinéma et la lecture dits populaires, les émissions radiophoniques ou télévisuelles, la mode même apportent leur contribution à l'édifice.

Parallèlement, les grands champs disciplinaires connaissent une hiérarchie mouvante: tour à tour, philosophes ou chercheurs en sciences humaines, biologistes ou physiciens occupent le devant de la scène. Quant aux réseaux qui unissent les représentants du monde intellectuel et aux liens noués grâce aux amitiés ou aux appartenances politiques, ils permettent de préciser les contours d'une sociabilité toute particulière. Ainsi, en ce début de XXIe siècle, cet ouvrage apparaît comme un précieux outil pour le lecteur en quête de repères touchant à la culture contemporaine.

mardi 19 mai 2009

Pascal Ory: L'invention du bronzage - Essai d'une histoire culturelle

L'une des principales révolutions culturelles du XXe siècle n'a, jusqu'à présent, guère suscité l'intérêt des historiens: celle qui a conduit le canon de la beauté pigmentaire de l'ordre du marbre à celui du bronze.

Dans un essai historique vif, original et stimulant, Pascal Ory revient sur la délimitation historique du phénomène, caractéristique du tournant des années 1930. Il en propose, au-delà des réponses périphériques parfois avancées, qui vont du goût de Coco Chanel aux congés payés et offrent chacun leur intérêt, une approche plus structurelle.

La grille d'interprétation nécessite de faire converger vers cet objet tout à la fois le discours scientifique de l'héliothérapie, la nouvelle économie des cosmétiques, la politique de l'aventure coloniale, la culture de plein air, voire l'expression d'un nouvel homo-érotisme. La détermination essentielle reste, comme il se doit, de nature proprement culturelle, puisqu'elle combine stratégie sociale de distinction des élites et progrès général des valeurs hédonistes.

lundi 9 mars 2009

Jean-Michel Sallmann: Les sorcières, fiancées de Satan

Vers le milieu du 15e siècle, l'Occident s'embrase. Un incendie monstrueux, en forme d'épidémie. On brûle des hommes, mais surtout des femmes. Les sorcières sont les fiancées du Diable. La rumeur le dit, les juges civils et religieux le prouvent. Elles vont au sabbat, jettent des sorts, sèment la maladie et la mort. Pendant deux siècles, des milliers de sorcières sont traquées, dénoncées, mises à la question, avant d'être livrées aux flammes. Il faudra attendre l'extrême fin du 17e siècle pour que des voix se fassent entendre qui crient raison et que peu à peu s'éteignent les derniers bûchers. Au-delà du mythe, Jean-Michel Sallmann analyse en historien le mode de représentation que fut la sorcellerie, des premiers procès aux figures qui peuplèrent l'imaginaire romantique.

samedi 7 mars 2009

Rosa Luxemburg: La révolution russe


1917. Emprisonnée, Rosa Luxemburg étudie le déroulement de la Révolution russe et en tire les leçons. Son enthousiasme et son adhésion au bolchévisme ne sont pas exempts de critiques, notamment en ce qui concerne l'autoritarisme du régime mis en place par Lénine.

"La liberté seulement pour les partisans du gouvernement, pour les membres d'un parti, aussi nombreux soient-ils, ce n'est pas la liberté. La liberté, c'est toujours la liberté de celui qui pense autrement. Non pas par fanatisme de la justice, mais parce que tout ce qu'il y a d'instructif, de salutaire et de purifiant dans la liberté politique tient à cela et perd de son efficacité quand la liberté devient un privilège".

vendredi 28 novembre 2008

Jacques Paviot: Bruges, 1300-1500

Le nom de Bruges évoque l'image d'une ville mélancolique, silencieuse, endormie le long de ses canaux. Rien de tel pourtant à la fin du Moyen Age: Bruges a vécu une histoire de révoltes contre le pouvoir central, matées dans le sang, et qui causèrent finalement sa ruine.

Dès le 13e siècle, elle s'établit comme le grand centre commercial de l'Europe du Nord, où les Allemands, les Anglais, les Français, les Espagnols, les Portugais, les Italiens apportaient leurs marchandises: laine, blé, ambre, métaux, vin, soieries, cotonnades, épices et faisaient commerce de l'argent. Cela n'a été possible que par l'industrie des Brugeois regroupés en une corporation de métiers: drapiers, maçons, tailleurs, fabricants de chapelets, armuriers et hôteliers.

Bruges était aussi une ville de culture, de plaisirs et de spectacles. Des confréries religieuses aux guildes littéraires, des maisons de prostitution aux exécutions publiques et aux tournois... visite insolite et portrait historique de Bruges.

dimanche 16 novembre 2008

Robert Weinberg: Le Birobidjan 1928-1996 - L'histoire oubliée de l'"Etat juif" fondé par Staline

1934. Le gouvernement soviétique décide de créer de toutes pièces une région autonome juive et de l'implanter au Birobidjan, territoire extrême-oriental presque désert à près de 5000 kilomètres de Moscou. Désormais "patrie nationale des juifs", le Birobidjan représente l'une des réponses du Kremlin à l'irrésistible montée de l'émigration vers la Palestine.

Pourquoi une telle entreprise, avec quelle finalité et comment les dirigeants soviétiques ont-ils fait pour transplanter "à froid", mais avec l'accord des intéressés, une société et une culture juive? Dans quel contexte idéologique - entre sionisme et bundisme -, et sur quels enjeux - la terre, l'agriculture, la langue, l'autonomie - la communauté juive a-t-elle fondé son accord et son projet?

La tentative de créer artificiellement un "Etat juif" - qui a perduré jusqu'en 1996! - reste quasi oubliée et dans l'histoire soviétique et dans l'histoire juive. Ses principaux concurrents, les sionistes, ayant triomphé. Mais son échec reste fascinant à analyser.

Cette chronique, nourrie de témoignage et de très nombreuses photographies inédites, constitue un étonnant travail de mémoire.

samedi 29 décembre 2007

François Fejtö: Hongrois et Juifs, Histoire millénaire d'un couple singulier (1000-1997)

Seul François Fejtö - en collaboration avec un jeune historien magyar Gyula Zeke - pouvait retracer d'une façon magistrale, mais aussi passionnante, et souvent émouvante, l'histoire millénaire des relations entre la Hongrie et "ses" Juifs.
La Hongrie a offert à l'Europe un modèle d'intégration réussie: dans aucun autre pays la part des juifs dans l'industrie, dans les finances, dans le commerce n'a été aussi importance et aussi naturellement acceptée.
Avant la chute de l'Empire, les Habsbourg, sur l'initiative du gouvernement hongrois, ont anobli 289 familles juives...
Ce contrat séculaire ne survivra pas au démembrement de l'Empire austro-hongrois après 1918. Le régime nationaliste et autoritaire de Horthy se fit l'allié de l'Allemagne nazie, sur fond d'antisémitisme larvé.
Le gouvernement de Budapest refusant pourtant de participer à la "solution finale", l'Allemagne occupe la Hongrie en 1944 et déporte plus de 450 000 juifs hongrois: livrés à Eichmann, ils fourniront les derniers contingents à la machine d'extermination d'Auschwitz.
Sortie du nazisme et du communisme, la Hongrie compte cependant de nouveau la communauté juive la plus nombreuse et la mieux intégrée d'Europe centrale.